PETIT-AUVERNÉ

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Histoire

L’histoire du Petit-Auverné est riche : elle a été étudiée notamment par M. l’abbé Edouard DENIAUD, curé de la paroisse du Petit-Auverné pendant 43 ans, de 1957 à 2000, passionné d’histoire et auteur d’une partie des textes ci-après.

Blasonnement (publié le 8 juin 2011)

De gueules au chevron d’hermine.

L'hermine évoque le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne. Blason et armoiries sont la reprise de ceux de la maison seigneuriale de la Rivière d'Auverné et ont été transcrits par M. Georges BRISSON à la demande de l'abbé DENIAUD (délibération municipale du 22 avril 1976).

 

Armoiries

La devise latine de la commune : Alnus Super Rivos Vernat signifie
L’aulne verdit sur le bord des rivières

 

Pour en savoir plus sur l’héraldique

Histoire du Petit-Auverné (publié le 8 juin 2011)

Le texte ci-dessous, rédigé par M. l’abbé Edouard DENIAUD, est extrait du bulletin cantonal de 1975.

"Le lieu où est construit le Petit bourg fut habité très anciennement. Au nord on y a trouvé un cimetière de l’époque celtique et gallo-romaine. Les tombes étaient toutes semblables et faites de palis d’ardoise.

La chapelle Saint Sulpice

Ce grand village de la paroisse d’Auverné a eu de bonne heure une chapelle qui fut dédiée, par la volonté de la famille fondatrice, à Saint Sulpice, évêque de Bourges. Pendant des siècles, cette humble chapelle ne fut qu’une chapelle rurale où la messe était dite de temps en temps en dehors des dimanches. Les gens des hameaux touchant St-Julien de Vouvantes et La Chapelle-Glain étaient obligés de venir entendre la messe du dimanche à l’église paroissiale St-Pierre d’Auverné : une pétition fut donc adressée à l’évêque de Nantes demandant l’érection d’une paroisse distincte de St-Pierre d’Auverné. C’était au début du XVIIème siècle. Or à ce moment-là les Protestants avaient installé un lieu de culte au haut du bourg ; une pièce de terre, appelée le « Champ des Huguenots », sans doute leur cimetière, en rappelle le souvenir.

Le 16 juin 1607, Monseigneur de Bourgneuf érigeait la trêve paroissiale Saint-Sulpice d’Auverné, desservie par un prêtre résidant au Petit-Bourg, mais n’ayant pas le titre de recteur. Ce prêtre était vicaire du recteur du Grand-Bourg, lequel gardait sa juridiction sur tout le territoire d’Auverné. Il en fut ainsi jusqu’au début du XIXème siècle.

A la Révolution, le Petit-Auverné devint commune en 1792 et paroisse avec le Concordat en 1801.

Le 13 janvier 1793, la commune de Petit-Auverné, assemblée en l’église, élut son premier maire, Bertrand ROUL, de Lezé. Depuis lors, le pays d’Auverné fut divisé en Grand et Petit Auverné et, pour consommer la séparation des deux Auverné, l’un resta attaché au canton de Moisdon-la-Rivière, tandis que l’autre passait au canton de Saint Julien de Vouvantes.

La Rivière d’Auverné

La maison noble de la Rivière remonte au-delà du règne de Saint Louis (1215-1270). La seigneurie de la Rivière, appelée d’abord la Rivière en Haut-Bois, étendait sa juridiction pratiquement sur tout le territoire de la trêve St Sulpice (ou le Petit-Auverné), et même sur quelques terres de St Julien de Vouvantes.

A partir du XIIIème siècle, les seigneurs de la Rivière devinrent de puissants personnages dans le duché de Bretagne. Ainsi, Thibaut de la Rivière fut l’un des compagnons de Du Guesclin. Ses descendants s’allièrent par mariage avec les illustres familles de Rohan, de Laval, de Clisson, de Malestroit et autres. Plusieurs furent ambassadeurs du duc de Bretagne, soit auprès du Pape, soit auprès du Roi de France. D’autres furent évêques de Rennes, d’autres encore Chanceliers de Bretagne.

Ce sont eux qui obtiendront, dans un hameau de leur seigneurie, une chapelle paroissiale dédiée à Saint Sulpice et qui groupera autour d’elle le Petit Bourg d’Auverné. Quant au château de la Rivière, il ne reste plus à présent que quelques pans de murs.

Signalons comme manoirs ou demeures bourgeoises sur le Petit-­Auverné : le château de la Salmonaie, le domaine de la Renaudière, propriété des Trébuchet, la maison du chevalier Le Maignan à Heurtebise (XVIIIème siècle)

La Révolution et le Petit-Auverné

Depuis mars 1793 le pays est en ébullition. Après la défaite de l’Armée Vendéenne à Savenay en décembre 1793, on vit sous le régime de la Terreur. A partir de 1794, le Petit-Auverné sera le théâtre d’une guérilla entre Bleus et Chouans.

Le 5 janvier 1794, le chef chouan Louis Fresnais de Beaumont est pris à Petit-Auverné et exécuté à Châteaubriant le 16 février. A la tête des Chouans nous trouvons Scépeaux, de Bourmont, Palíerne de la Haudussais, Jean Terrien (Cœur de Lion), Jean Pacory d’Issé (Cœur de Roi), Victor Lemaître (Léopard). Parmi les chefs Bleus nommons le général Hoche, le pacificateur de l’Ouest, le commandant Muscar, le capitaine Hugo, le général Humbert.

Le 9 février 1795, un convoi de 12 charrettes à bœufs transportant du grain pris à la Branchère de Petit-Auverné et escorté par 100 soldats du 4ème Régiment d’Infanterie est attaqué des deux côtés par les chouans sur la chaussée de l’étang de la Salmonaie : plusieurs soldats sont tués ou blessés et le reste s’enfuit vers St-Julien. L’administration avait perdu son ravitaillement : les chouans ont laissé partir librement les conducteurs avec leurs bœufs.

Les 31 janvier - 2février 1796, le général Humbert lâche ses troupes (bataillon du Bonnet Rouge) sur Moísdon, Grand et Petit-Auverné, où elles se conduisirent avec cruauté. Au Petit-Auverné, on a mutilé des hommes et violenter des femmes jusque sur les tombes du cimetière autour de l’église.

Le 2 février, tandis que les Bleus continuaient leurs orgies à Petit-Auverné, les chouans surgissent à l’Est et au Sud. Les Bleus se retranchent derrière les murs du cimetière et du grand jardin de la Renaudière. Scépeaux, qui commande en chef, a divisé ses chouans en 3 colonnes et il a placé au centre, la troupe d’élite des chasseurs de Bourmont. Ceux-ci attaquent à toute vitesse et sautent par dessus les murs. Les Bleus se sauvent vers les Grands Ponts mais des renforts leur arrivent, venant du Grand Bourg, si bien qu’à Heurtebise, ils s’arrêtent et font face. La bataille fait rage et malgré leurs efforts, les chouans sont obligés de se replier sur le Petit-Auverné et St-Sulpice des Landes. Les Bleus laissent 200 morts sur le terrain ; parmi les Chouans, les pertes sont également lourdes. Cœur de Lion a son cheval tué sous lui et est sauvé par Palierne. Les vaillants petits chasseurs de Bourmont, ardents au combat, y laissent plusieurs dizaines des leurs qui seront enterrés à part, sur le Pâtis de Violette.

L’année 1796 se passera en de multiples embuscades. L’Administration du District de Châteaubriant reçoit beaucoup de plaintes des municipalités contre les brigandages des soldats républicains ; elle fait timidement des observations aux chefs militaires, le général Muscar et le commandant Hugo, mais sans succès.

Victor HUGO

Muscar et Hugo sont souvent à Châteaubriant où ils fréquentent certains salons bourgeois. C’est à cette époque que le commandant Léopold Hugo fit la connaissance de Sophie Trébuchet.

Sophie Trébuchet, née à Nantes, fille d’un officier de marine, était cousine des Trébuchet de la Renaudière du Petit-Auverné. Orpheline, elle fut élevée surtout par sa tante Louise Trébuchet, veuve de Maître Robin, notaire à St-Julien de Vouvantes. Celle-ci avait une maison à Châteaubriant, rue de Couéré et des propriétés à Petit-­Auverné, tant et si bien que Sophie Trébuchet aimait à venir chez ses cousins de Petit-­Auverné et goûter les charmes du jardin de l’île, dans le domaine de la Renaudière. Le commandant républicain Léopold Sigisbert Brutus Hugo, originaire de Nancy, épousa Sophie Trébuchet à Paris, le 15 novembre 1797. De leur union, naquit Victor Hugo à Besançon, en 1802.

Le 13 juin 1799, un détachement de soldats bleus fut anéanti à la foire de Petit-Auverné".

Seconde guerre mondiale

Signalons en complément que trois des otages de Châteaubriant, exécutés à La Sablière, en représailles du meurtre à Nantes, en octobre 1941, du lieutenant-colonel allemand Karl Hotz, ont été enterrés au Petit-Auverné : Guy Môquet, Marc Bourhis et Jules Auffret. Neuf communes avaient été réquisitionnées dans l’arrondissement de Châteaubriant pour ensevelir chacune 3 victimes. Leurs corps ont été rendus après la guerre à leurs familles. Une stèle, érigée en octobre 1994, continue de perpétuer leur mémoire dans le cimetière de Petit-Auverné (source : le Bulletin Municipal N°12 de 1994).

Un épisode sanglant de la Chouannerie au Petit-Auverné : l’assassinat des 2 frères Bauland le 27 juillet 1794 (9 thermidor de l’an II) (publié le 5 janvier 2012)

La Chouannerie c’est l’insurrection, à partir de mars 1793, d’une partie des paysans de l’Ouest de la France contre le pouvoir central incarné par la Convention et localement par les autorités des districts (le district de Châteaubriant couvre un territoire équivalant à peu près à celui de la Communauté de Communes du Castelbriantais d’aujourd’hui).

La Convention a rapidement dépêché des troupes (appelées les Bleus, en raison de la couleur de leurs uniformes) pour soumettre les rebelles (les Blancs appelés aussi Chouans).

L’insurrection se manifeste en général sous la forme de guérillas, de coups de main et d’embuscades de la part des rebelles qui ne disposaient pas de forces suffisantes et régulières pour attaquer de front les troupes républicaines.

Quelles sont les raisons de ce soulèvement ? Roger Dupuy, professeur à l’Université Rennes 2 de Haute-Bretagne, les précise dans la préface du livre d’Alain Racineux "Les Brigands du Roi 1793-1795, Chouannerie en haute-Bretagne et bas-Anjou" :

"Il s’agit de dépasser l’antagonisme simpliste entre :

  • les historiens « bleus » dont Michelet, pour lesquels les insurrections de l’Ouest sont l’œuvre de paysans bornés et fanatiques manipulés par les prêtres et les nobles.
  • et les historiens « blancs » pour lesquels les paysans de l’Ouest, particulièrement pieux et loyaux, se sont spontanément soulevés pour sauvegarder leur foi et leur roi.

Les historiens estiment aujourd’hui que les paysans se sont bien soulevés spontanément en mars 1793, mais non pas tant pour le roi et la bonne religion que contre la Nation. C’est-à-dire contre les nouvelles autorités incarnées par la ville voisine et qui avaient accumulé maladresses, abus et provocations contre une paysannerie nombreuse et consciente de ses véritables intérêts.

En 1793, il s’agit bien d’un soulèvement massif de paysans irrités par le rôle politique prépondérant que s’attribuaient les bourgeoisies urbaines des chefs-lieux de district :

  • Départ imposé des curés et vicaires qui refusent de prêter serment à une Constitution qui inquiète leur conscience (85% de prêtres réfractaires dans le district de Châteaubriant) ; la loi du 26 août 1792 leur donne le choix entre l’exil ou la réclusion.
  • Remplacement par des prêtres jureurs dont le Pape et les curés réfractaires disent qu’ils sont hérétiques.
  • Lourdeur des nouveaux impôts.
  • Vente des biens nationaux qui profitent surtout aux riches.
  • Mise en circulation des assignats dont la valeur se déprécie de mois en mois.
  • Suppression des aumônes que la plupart des curés et monastères multipliaient dans les temps difficiles en faveur des paysans les plus pauvres.
  • Enfin, la levée de 300.000 hommes dont sont pratiquement exemptés les bourgeois des villes, puisque les membres de l’Administration ne partaient pas."

Une très grande insécurité règne dans la région au cours de cette période (1793-1800) : tandis que les principales bourgades et surtout Châteaubriant sont sous la protection des troupes républicaines qui y ont installé leurs cantonnements, les campagnes sont très largement aux mains des insurgés qui y trouvent appuis et connivences ; dans ces circonstances, la majorité de la population s’efforce de ne plaire ni de déplaire tant aux chouans qu’aux républicains, par crainte des représailles.

On estime en effet à environ 200 le nombre de victimes exécutées en 1794 par les Chouans (la Terreur Blanche) dans le district de Châteaubriant ; un rapport républicain de l’époque avance même le nombre de 400, mais il s’agissait sans doute pour les responsables du district de Châteaubriant, en gonflant les pertes, d’obtenir plus facilement des renforts de troupes ; parmi les victimes, on trouve en majorité des maires et des officiers municipaux , dont le zèle en faveur des autorités est jugé excessif par les Chouans : ainsi furent décimées par exemple les municipalités d’Issé, de Moisdon la Rivière et de St Julien de Vouvantes ; mais figurent aussi parmi les victimes des notables comme le directeur des forges de Moisdon et celui de la verrerie de Fercé, exécuté avec l’un de ses fils et son contremaître, des commerçants, des artisans et de simples paysans.

A l’inverse, nombre de personnes sont arrêtées par les Bleus, emprisonnées et pour certaines exécutées ; Alain Racineux dans "Les Brigands du Roi" écrit par exemple :

"Sur la liste, établie par le District en 1794, des condamnés à mort de la Commission Militaire de Châteaubriant, on constate que 2 communes ont payé un lourd tribut à la répression : Moisdon la Rivière avec 13 fusillés et Le Petit-Auverné avec 11 fusillés."

C’est dans ce contexte, en juillet 1794, que sont assassinés Mathurin et Jacques BAULAND (ou BEAULAND) de La Pile, accusés par une troupe de Chouans d’avoir "fait des courriers contre eux." Voici la photocopie de la première page du document qui relate l’évènement, détenu aux Archives départementales de Loire-Atlantique, suivie de sa transcription intégrale.

«  Extrait des minutes du greffe de la Justice de paix du canton de Julien de Vouvantes (Saint), district de Châteaubriant, Département de la Loire inférieure.

Le dix thermidor, l’an deuxième de la République française, une et indivisible.

Nous, Nicollas Le Jeune, juge de paix du canton de Julien de Vouvantes (Saint), sur l’avis qui nous a été donné qu’il s’était commis un assassinat dans la maison de La Pille, en la commune du Petit-Auverné.

Nous nous y sommes transporté, accompagné du citoyen Macault, notre greffier, du citoyen Mayeauce, officier de Santé et du détachement de volontaires en garnison au dit bourg de Julien de Vouvantes. Etant arrivé dans la maison de La Pille, nous avons vu deux corps morts, exposés à la porte par terre, lesquels ont été reconnus pour être Mathurin et Jacques Beauland, frères. Nous avons requis le citoyen Mayeauce d’en faire la visite, à l’instant à quoi procédant, après avoir prêté le serment requis par la loi.

Le dit Mayeauce a remarqué que Jacques a une plaie large d’environ six lignes, longue de quatre, située en la troisième et la quatrième des vraies côtes gauches, une autre plaie du même côté située à environ un doigt du téton, large d’environ quatre lignes et longue de huit, pénétrant dans la poitrine. Lesquelles plaies nous ont paru avoir été faites par quelque instrument pointu, telle que baïonnette ou sabre. Une autre plaie de travers à la partie supérieure du frontal, large de trois pouces et longue de quatre, une partie du frontal emporté.

A Mathurin Bauland, une plaie située à la partie droite et moyenne du col, pénétrant jusqu’à la trachée artère, longue d’un pouce et large de dix lignes, une autre plaie à un doigt plus bas de la longueur d’un pouce et de la largeur de huit lignes, perçant l’artère jugulaire.

Lesquelles plaies ont paru être faites par des instruments pointus qui ont occasionné la mort des susdits par les partisans nobles qui les ont attaqués, et ai signé sur la minute Mayeauce.

Desquelles déclarations, il résulte que les dits Bauland sont morts d’une mort violente et qu’ils ont été tués au moyen de sabres, baïonnettes ou outils tranchants. En conséquence et attendu que la cause de leur mort est connue et que toutes autres recherches à cet égard seraient inutiles, nous avons déclaré que rien ne s’opposait à ce que les dits corps soient inhumés suivant les formes ordinaires.

Nous avons ensuite interrogé la femme du dit Jacques Beauland ; elle nous a déclaré que le neuf courant, sur les six heures du soir, douze à quinze jeunes gens, à elle inconnus, habillés de différentes couleurs et armés de fusils, arrivèrent à sa porte, saisirent son mari qui était à battre l’orge à la porte, l’entrèrent dans la maison où était Mathurin Beauland son frère ; ils firent également entrer la femme du susdit Jacques Bauland. Ils firent des reproches aux Bauland d’avoir faits des courriers contre eux, après ils les massacrèrent, ils prirent tous les papiers monnaie qui étaient dans la maison et beaucoup d’affaires ; ils laissèrent seulement une de leurs vestes en échange.

Nous nous sommes transportés au village du Beuchet, commune du Petit-Auverné, chez René Leneil ; sa femme a déposé qu’environ quinze personnes, dont le plus ancien ne paraissait pas avoir trente ans, dont elle croyait en avoir vu quelque part, mais qu’elle ne pouvait se rappeler qui ce pouvait être ; ils la firent entrer chez les dits Beauland et ne la laissèrent sortir que quand ils s’en furent ; un des dits brigands dit que c’était lui qui avait tué le fils Guiot.

La femme de Bouchet, demeurant au village du Beuchet, nous a dit que deux hommes, à elle inconnus, passèrent dans le champ où elle était à couper du grain avec son mari, lui demandèrent si les Beauland étaient méchants ; elle leur répondit que non ; en les quittant, ils lui dirent qu’ils étaient tués et leur défia de quitter leur ouvrage à moins que ce ne fut pour aller dans leur maison.

Dont et de tout ce que dessus, nous avons rapporté le présent procès-verbal les jours et ans que ci-dessus, ainsi signé sur la minute.

N. Le Jeune

Pierre Macault, greffier »

Informations complémentaires :

  • Les mesures de longueur : avant la Révolution, les mesures de longueur étaient les suivantes :
    • 1 point égal à 0,188 mm
    • 1 ligne égale à 12 points, soit 2,256 mm
    • 1 pouce égal à 12 lignes, soit 2,707 cm
    • 1 pied égal à 12 pouces, soit 0,325 m
    • 1 toise égale à 6 pieds, soit 1,949m

C’est la loi du 19 frimaire an VIII (10 décembre 1799) qui établit le mètre comme étant égal à 3 pieds augmentés de 11,296 lignes.

Le système métrique a été définitivement adopté dans son principe initial et rendu obligatoire sous peine de poursuites pénales, à partir du 1er janvier 1840, par la loi de Louis Philippe du 4 juillet 1837.

Pour connaître l’histoire détaillée du mètre

  • Le calendrier révolutionnaire :

Pour convertir les dates du calendrier révolutionnaire

Le Petit-Auverné et l’ascendance maternelle de Victor Hugo (publié le 6 août 2011)

Ce texte, rédigé par M. l’abbé Edouard DENIAUD est extrait du bulletin cantonal de 1989.

Sophie TREBUCHET, mère de Victor HUGO

André Billy, de l’Académie Goncourt, a écrit dans une chronique littéraire du 28 mai 1955 : « le véritable pays de la mère de Victor Hugo est Auverné et c’est de lui qu’elle gardera le plus de souvenirs. A Auverné, se situe la Renaudière, propriété de famille des Trébuchet, à laquelle Sophie, sans l’avoir habitée d’une façon suivie, restera très attachée ».
Cette propriété de la Renaudière, vendue en 1831 par les héritiers Bellet-Trébuchet au curé Thoreau, est devenu depuis lors le presbytère de Petit-Auverné.

Certains croient, pour l’avoir entendu dire, que Sophie Trébuchet, mère de Victor Hugo, est née à Petit-Auverné. Une mise au point est donc nécessaire. Sophie Trébuchet est née à Nantes le 19 juin 1772 et fut baptisée le jour même dans l’église St-Laurent, sa paroisse.

Jean-François TREBUCHET et Renée-Louise LENORMAND, les parents de Sohie

Son père, Jean-Francois Trébuchet, capitaine de navire, était absent, comme l’indique l’acte de baptême. Sa mère, née Renée-Louise Lenormand, était fille de René-Pierre Lenormand, procureur du présidial de Nantes. Sophie Trébuchet n’avait que 8 ans quand elle perdit sa mère, le 13 août 1780. Deux ans plus tard (juin 1782) son père, embarqué sur le navire « Le Comte de Grasse », partait pour son dernier voyage et le 1er septembre 1783 il mourait à l’île de France (île Maurice).

Orpheline, elle fut confiée en 1784 ou 1785, par son grand-père Lenormand, à sa tante et marraine Mme Robin, née Françoise Trébuchet, soeur de son père. Celle-ci, née à la Chapelle-Glain le 10 mai 1724, avait épousé le 3 juin 1747, René-Antoine Robin, de St-Julien-de-Vouvantes, procureur et notaire. Veuve d’assez bonne heure, elle possédait du fait de son mari la closerie de la Champelière, en St-Julien-de-Vouvantes ; après le mariage (janvier 1778) de sa fille avec Louis Mathis, négociant à Nantes, elle se fixa à Nantes vers 1780 mais elle allait passer la belle saison à Auverné et à Chateaubriant où elle avait toujours des intérêts. Dans ses déplacements, elle emmenait Sophie qui put ainsi connaître sa nombreuse parenté d’Auverné. C’est grâce à leurs voyages que Sophie a gardé de ce pays un souvenir si profond.

Pendant la Révolution elle resta tranquillement à Nantes chez Mme Robin et chez M. Lenormand, son grand’père, mais au moment de la Terreur, en 1794, on les trouve à Châteaubriant où Mme Robin avait une maison, rue de Couëré. Au cours des années suivantes, 1795, 1796, 1797, Sophie rencontra à Châteaubriant et à Auverné le major Hugo arrivé en garnison à Châteaubriant en novembre 1795. Deux ans plus tard, le 15 novembre 1797, elle épousera à Paris son beau capitaine, Léopold Sigisbert Hugo, futur général et comte d’Empire. De ce mariage, naquit à Besançon en 1802, Victor Hugo. Elle mourut à Paris le 27 juin 1821.

Ces précisions utiles étant données, revenons au pays d’Auverné. Le Petit-Auverné est le pays natal du père de Sophie Trébuchet et par conséquent du grand-père maternel de Victor Hugo.

Jean TREBUCHET et Françoise LOUVIGNE, les grands-parents de Sophie

Jean-François Trébuchet, fils de Jean Trébuchet et de Françoise Louvigné est né le 30 avril 1731 à Petit-Auverné.

Jean Trébuchet, (fils de Gilles Trébuchet, maître-fondeur à la Poitevinière en Riaillé, demeurant en la maison noble de St-Ouen, et d’Anne Rouxeau qu’il avait épousée a Riaillé le 13 septembre 1672), est né à Riaillé le 20 juin 1673. Maître fondeur à la forge Péan, en Moisdon, Jean Trébuchet épousa a Riaillé le 10 août 1705, Renée Oger et trois ans plus tard, le 16 octobre 1708 à Petit-Auverné, il se mariera en secondes noces avec Françoise Louvigné, fille de Michel Louvigné, maître fondeur à Moisdon, et de Françoise Handorin. Il mourra le 19 mars 1738 a Petit-Auverné et y sera inhumé. Quant à son épouse, Mme veuve Jean Trébuchet, née Françoise Louvigné, elle décèdera en novembre 1765, âgée de 72 ans, à Petit-Auverné.

Du mariage de Jean Trébuchet et de Françoise Louvigné, sont nés de nombreux enfants, plus de douze selon les dires de M. l’Abbé Trochu, historien d’Auverné. A part Jean-François, père de Sophie, et sa soeur Françoise-Louise qui sera pour Sophie tante Robin et mourra à Châteaubriant le 20 juin 1810, âgée de 86 ans, citons quelques-uns de leurs frères et soeurs qui se rattachent à Petit-Auverné, soit par leur naissance, leur mariage, soit par leur décès.

Les oncles et tantes de Sophie

  • Louis-Maurice Trébuchet (1719-1781), sieur du Vivier, maître fondeur à la Forge Neuve, Moisdon, épousa Louise Bodin, de St-Julien-de-Vouvantes le 8 novembre 1740 et est mort à Petit-Auverné le 18 octobre 1781, à la Renaudiére. Il fut marguillier de la trêve paroissiale St-Su1pice d’Auverné en 1780, c’est-à-dire un an avant sa mort.
  • Jeanne Trébuchet qui épousa : 1 René L’Hotelier maître fondeur à Martigné Ferchaud. 2 Julien Roger, régisseur du château des Epinards. 3 noble homme Pierre Le Métayer, sieur du Bourg, le 20 août 1754 à Petit-Auverné.
  • Anne-Marguerite Trébuchet épousa René-Clément Daniel, fils de René Daniel et de Jeanne Roland à Petit-Auverné le 20 janvier 1755.
  • Renée Trébuchet dont la présence est signalée à la sépulture de sa mère, Mme Françoise Louvigné, veuve de Jean Trébuchet. Elle est peut-être la demoiselle Trébuchet dont parlent nos archives comme s’occupant du linge de l’église.

Sur le registre de 1790, au 24 février, on trouve la signature de Sophie Trébuchet, marraine d’un enfant Louis Gavaland, du bourg, lequel décédera le 4 mars suivant."

Comment le manoir de la Renaudière est-il devenu le presbytère ? (publié le 21 août 2011)

C’est un texte extrait de l’almanach paroissial du Petit-Auverné de l’année 1909 qui nous fournit tous les détails :

« Simple vicaire résident au Petit-Auverné avant la révolution, M. Bedard devint le premier curé de cette paroisse en 1801, lors de la signature du Concordat. Pendant ses longues années d’exil en Espagne, sa maison avait été saisie et vendue
révolutionnairement. Il la racheta : elle était située au nord des rues du bourg, là où se tient maintenant le bureau de tabac.

Par son testament en date du 10 Février 1817, il la légua avec ses dépendances à la commune du Petit-Auverné. Mais, comme cette maison, à laquelle on a donné depuis le nom de Bedardière, n’était guère logeable pour un prêtre, les habitants
songèrent à lui procurer une demeure plus convenable.

Ils affermèrent, à cet effet, la maison de la Renaudière et ses dépendances qui furent converties plus tard en la cure actuelle. C’est là qu’habitèrent successivement comme locataires, M. Brossard, pendant trois années, puis M. Thoreau, à partir du 22 novembre 1822.
Cette propriété de la Renaudière comprenait un jardin de 43 ares et un verger, à l’est, de 35 ares. Elle appartenait aux enfants Bellet qui l’avaient recueillie en héritage de leur mère, Louise Trébuchet, tante du poète bien connu et justement
célèbre, Victor Hugo. Ils étaient au nombre de quatre :

  • Charles, étudiant en droit à Paris.
  • Louise, religieuse au Couvent des Carmélites à Nantes.
  • Françoise, religieuse au Couvent des Ursulines à Nantes.
  • Paul, étudiant au Séminaire de Nantes.

Mise en vente, M. Thoreau l’acheta de ses propres deniers, le 9 Février 1831. Le 23 Décembre 1833, il la revendit à la commune, pour la somme qu’elle lui avait coûtée, 4.600 francs, à la condition expresse qu’elle servirait d’habitation aux prêtres qui desserviraient la paroisse dans la suite.

Pour payer M. Thoreau, la commune lui donna :

  • la maison de la Bedardière qui lui avait été léguée par M.Bedard, comme nous l’avons dit.
  • près le village de la Riantais, une pièce de terre en lande, appelée La Grée, d’une contenance de 36 ares, et le pré de Veau contenant 63 ares.
  • près la Sauzaie, une pièce appelée le Patis de la Coulée, 91 ares. Tous ces biens cédés par la commune étaient estimés 1700 francs.

Une somme de 2.900 francs était encore due à M. Thoreau. La commune lui donna 900 francs et lui servit l’intérét des 2.000 francs qui restaient, jusqu’en 1840. A cette époque, elle se libéra entièrement.
M. Thoreau vendit sa maison de la Bedardière, à la famille Lequeux, vers 1872. Il céda les terres de la Riantais et de la Sauzaie à sa nièce, Jeanne Leprêtre, qui elle-même les donna aux curés successifs du Petit—Auverné, par un testament daté
du 15 juillet 1873, à charge par les desservants de faire célébrer chaque année, à perpétuité, six messes chantées à l’intention de son oncle.

Ainsi donc, la commune du Petit-Auverné est, depuis 1840, en pleine jouissance et propriété de la maison de la Renaudière et de ses dépendances. Cette maison a pris le nom de cure ou presbytère. Elle a servi d’habitation à tous les curés qui ont desservi la paroisse jusqu’ici ; et elle devra en servir également à tous leurs successeurs : c’est la condition de vente.
En 1874, la cure fut reconstruite par les soins de M. Gergaud, alors curé de la paroisse. »

Les maires de Petit-Auverné depuis la Révolution (publié le 2 avril 2012)

Cette liste a été établie à l’aide des recherches effectuées par Maurice CHEVEAU et le secrétariat de la Mairie (Marie-Agnès JANEAU). Voir aussi le blog de Maurice CHEVEAU consacré au patrimoine de Petit-Auverné

RangNom, prénomDébut de mandatFin de mandatDurée
1 ROUL Bertrand 1792 mars 1823, décédé 31 ans
2 DUPRE Louis juin 1823 décembre 1834 11,5 ans
3 LEQUEUX Mathurin décembre 1834 février 1859, décédé 14 ans
4 LEQUEUX François, fils du précédent février 1859 septembre 1871 12,5 ans
5 PASQUIER François septembre 1871 mai 1884 12,5 ans
6 RICHARD Jean-Marie mai 1884 mai 1888 4 ans
7 PASQUIER François (fils) mai 1888 octobre 1932, décédé 44 ans
8 LEPEINTRE Louis novembre 1932 mai 1945 12,5 ans
9 BOSSE Auguste mai 1945 mars 1971 26 ans
10 CHAPEAU Sulpice mars 1971 mars 1977 6 ans
11 BARTHELEMY Alexandre mars 1977 septembre 1981, décédé 4,5 ans
12 BURIN René septembre 1981 mars 1989 8,5 ans
13 RICHARD Claude mars 1989 mars 2001 12 ans
14 COCHET Michelle mars 2001
  • C’est le premier maire de Petit-Auverné, Bertrand ROUL qui, en janvier 1794, participe à l’arrestation du chef chouan Fresnais de Beaumont, ancien juge de paix de St Julien de Vouvantes ; en voici les circonstances décrites par Alain Racineux dans son livre "Le pays de Châteaubriant et la Révolution" édition 1980 :

« A la fin de décembre 1793, son guide Pierre Meslin, 18 ans, est arrêté. Quelques jours plus tard, le 1° janvier 1794, Fresnais de Beaumont est capturé par un détachement de soldats des Deux-Sèvres, accompagné de 5 habitants du Petit-Auverné. Une douzaine de coups de feu sont tirés sur lui. Fresnais, indemne, s’enfuit.
Mais il est rattrapé dans un chemin boueux par un soldat et le maire de Petit-Auverné. Il est en tenue de campagne, avec sabre et pistolets. Il se rend.
B. Roul, cordonnier et maire de Petit-Auverné, écrit fièrement au commissaire Lefeuvre : « Nous vous avons envoyé un louveteau, nous vous envoyons le loup… ».
La prise paraît de taille au délégué de Carrier qui, laissant tomber momentanément son tribunal, expédie Fresnais de Beaumont à la prison St Michel de Rennes, où il l’interroge lui-même pendant quelques jours. »
……………..
« Amené à Châteaubriant le 16 février 1794, à 10h du matin, il fut guillotiné à midi et demi, place de la Motte……. Fresnais de Lévin, frère du décapité, déclara le soir aux membres de la Société Populaire : « Qu’elle tombe la tête des monstres qui osent déchirer le sein de la grande famille républicaine, rien de plus juste, vive la République, vive la Montagne ! ».

  • Si les conseillers municipaux ont toujours été élus, les maires et parfois les adjoints, sont désignés par l’Administration jusqu’en 1876, sauf en 1848 et 1871 où ils sont élus ; depuis 1876, les maires sont élus parmi les membres du Conseil municipal. Aussi, après cette date, le corps préfectoral porte des appréciations sur le positionnement politique des maires dont il ne maîtrise plus la nomination, appréciations transmises au ministre de l’Intérieur de l’époque.

Voici par exemple, un tableau qualifiant les maires du canton de St Julien de Vouvantes, de 1878 à 1912, reconstitué par Jean-Luc CHATELLIER, auteur d’un mémoire de maîtrise d’Histoire, présenté en 1975 et intitulé "Les maires du Consulat à 1914 dans la région de Châteaubriant" :

DateSt Julien de VouvantesErbrayLa Chapelle-GlainJuigné les MoutiersPetit-Auverné
1878 Bonapartiste Républicain Libéral Monarchiste Monarchiste
1884 Bonapartiste Monarchiste Monarchiste Monarchiste Monarchiste
1888 Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire Douteux
1900 Républicain Réactionnaire Républicain Républicain Réactionnaire
1904 Progressiste Réactionnaire Réactionnaire Progressiste Réactionnaire
1908 Progressiste Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire
1912 Progressiste Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire Réactionnaire

Au sujet plus particulièrement du Petit-Auverné, Jean-Luc CHATELLIER cite plusieurs rapports de l’Administration qui manifestent une certain tension, voire une franche hostilité :

— Un rapport de 1881 mentionne que : "Les communes considérées comme franchement mauvaises sont peu nombreuses ; ce sont de petites communes où l’influence du maire, légitimiste, s’ajoute à celle du clergé : Louisfert, Lusanger, Petit-Auverné".

— Les propos peuvent être virulents, comme vers 1903 : "Quant au Petit-Auverné, c’est une commune absolument réactionnaire, dirigée par un curé fanatique et un maire minus habens".

— Les relations sont même parfois conflictuelles, comme en 1893, ainsi que le rapporte Jean-Luc CHATELLIER : "L’opposition du maire de Petit-Auverné à l’ouverture d’une seconde classe à l’école laïque, opposition qui l’aurait conduit à tenir des propos insultants au sous-préfet, motiva sa suspension pendant un mois en décembre 1893".

Voir une histoire générale des maires et de leur rôle, proposée sur le site internet de la commune de Bouliac (Gironde)

Les moulins de Petit-Auverné (publié le 28 novembre 2011)

Le texte ci-dessous est paru dans le bulletin municipal de Petit-Auverné de 1991 et est vraisemblablement dû à la plume de M. l’abbé Edouard DENIAUD.

"Autrefois, dans la campagne française, sur les hauteurs, il y avait beaucoup de moulins dont les ailes tournaient au gré du vent et aussi au bord des rivières dont le fort courant actionnait la roue à aube. Au siècle dernier, il en restait encore un certain nombre. A Petit-Auverné, le cadastre de 1840-1850 mentionne :

  • les moulins à vent de la Rivière, des Rochettes, de Violette.
  • les moulins à eau de la Pile, de la Haute Salmonaie.

Le moulin à vent de la Rivière

Il était situé sur le point culminant entre les Buttes et le village de Lezé. Le champ dénommé « la pièce du moulin »" en garde le souvenir. Il était sans doute dépendant de la Seigneurerie de la Rivière. En 1840-1850, François Pasquier de la Pile était propriétaire de ce moulin, abattu depuis longtemps.

Le moulin à vent des Rochettes

Il était au 19ème siècle, la propriété du meunier Yves Rochard, demeurant au Bourg. Il était situé entre la maison Bernier et la maison familiale IREO. Au moulin Rochard ont travaillé le grand-père Louis Renard et son fils Etienne (1887-1971) avant d’en devenir propriétaires. Ce moulin fut abattu au cours du 1er quart du 20ème siècle.

Le moulin à vent de Violette

Il y avait jadis, sur le site de Violette, au moins trois moulins. Seul subsiste l’actuel moulin ; les autres étaient placés dans l’axe nord-est, en direction du village du Cormier. En 1840-1850, le propriétaire était Mme Veuve Hyacinthe Duhamel de la Bothelière, habitant Châteaubriant (Hôtel de la Bothelière, 11 rue du Pélican).

Par la suite, vers 1857, la famille Renard se porta acquéreur de l’unique moulin qui restait. La famille Renard, meunière de profession, d’origine moisdonnaise, s’était établie à Violette vers 1841. La première maison habitée par cette famille était située à l’ouest du moulin actuel, dans « le petit pré » ; elle fut la proie d’un incendie. Les aînés de la nombreuse famille de Louis Renard y étaient nés. Dans la 2ème maison, édifiée près du moulin, naquit en 1887, Etienne Renard et les suivants. La 3ème maison fut édifiée en 1968 par Guy Renard.

Du moulin Renard, bien exposé à tous les vents sur la haute lande de Violette, pendant un siècle et demi, sont sorties moult pochées de farine.

En plus du vent, un moteur à gaz pauvre fonctionnait déjà avant que le moulin perdit ses ailes. Celles-ci, abîmées par l’orage, furent démontées en 1931. Puis ce fut l’électrification en 1933. Le moulin cessa de faire de la farine en 1959-1960, at après 1970 ce fut la fin de son activité.

Le moulin à eau de la Pile

Au début du 19ème siècle, il y avait déjà, en contrebas du village du Beuchet, un moulin à eau, fort bien dénommé la Pile ; c’était un moulin à foulon qui servait à fouler, apprêter draps, serge …

En 1830, Jacques Pasquier, issu d’une famille de meuniers, originaire de Segré (M. et L.) vint s’établir à la Pile, étant devenu propriétaire du moulin à foulon. En 1833, date gravée dans une poutre maîtresse au cours des travaux de transformation du moulin, le moulin à foulon devint moulin à piler le grain.

Plus tard, François Pasquier fit construire, en dépendance du moulin de la Pile, le moulin de Duron, au nord de la Guidelaie, sur la même rivière le Don. En raison de la faiblesse du courant d’eau, ce dernier n’a pu produire, dit-on, qu’un sac d’orge.
Le patron meunier François Pasquier fils, dans les derniers temps de son activité et durant sa retraite, avait comme ouvriers meuniers, Auguste Renard et son beau-père Auguste Guinel.

Les six meules des moulins de la Pile et de Duron, qui depuis longtemps, ne broyaient plus de grain, furent offertes par les dames Pasquier pour le Monument du Sacré Cœur, édifié en souvenir de la Mission paroissiale de février 1960. Les morceaux de ces meules furent utilisés pour le piédestal de la statue et les marches d’entrée.

Il est à noter que la famille Pasquier a donné deux maires à la commune de Petit-Auverné : François Pasquier (père) de 1871 à 1884, soit 13 ans et François Pasquier (fils) de 1888 à 1932, soit 44 ans.

Le moulin à eau de la Salmonaie

Il avait pour propriétaire, au milieu du du 19ème siècle, Xavier Maire, de la Forge Neuve en Moisdon la Rivière."

Voir comment fonctionnait un moulin à foulon ; la commune de Cugand, au nord du département de la Vendée, près de Clisson (Loire-Atlantique), s’enorgueillit de posséder le dernier moulin à foulon de France, en état de fonctionnement. Informations sur le moulin à foulon de Cugand.

La Carantage :
« 1862, Maison bâtie des deniers de M. Guibourg, Juge de Paix et administrateur de l’hospice de Châteaubriant »(publié le 13 février 2012)

C’est l’inscription gravée sur une plaque d’ardoise, que l’on trouve au pied d’une maison du village de la Carantage à Petit-Auverné. Quelle est l’origine de cette inscription ?

La plupart des éléments cités ci-après sont extraits du site chateaubriant.org où l’on trouve l’histoire et les délibérations de l’administration communale puis municipale de Châteaubriant, de 1446 à 1865.

L’hospice de Châteaubriant était propriétaire de la métairie de la Carantage au Petit-Auverné et en tirait des revenus, notamment de l’abattage d’arbres ; ainsi, le 16 août 1841, « au Conseil Municipal de Châteaubriant, sous la direction de Louis Brossays, est approuvée la vente, proposée par l’hospice, de 555 mètres de poutres de frêne et de cerisiers provenant de pieds d’arbres abattus par le vent ou morts sur pieds, à la Métairie de la Carantage au Petit Auverné  ». De même, le 11 mai 1854, «  le crédit ouvert au budget de 1854 de l’hospice civil, destiné à l’achat des grains, se trouve épuisé par suite de l’élévation du prix des céréales. La commission administrative demande la somme de 1410 francs provenant de la vente des arbres de la Carantage. »

Quel était, à cette époque, le rôle de l’hospice de Châteaubriant ? Selon la déclaration, en septembre 1861, de M. Béchu, maire de Châteaubriant, l’hospice « possède trois vastes salles bien aérées destinées l’une aux hommes, l’autre aux femmes, la troisième aux enfants, contenant ensemble 70 lits ; les lits sont, suivant les besoins, occupés par des malades ou des indigents. S’ils ne suffisent pas, d’autres sont provisoirement établis. L’hospice a en outre 7 chambres pour les particuliers  ».

Le 2 août 1860, «  une délibération de la Commission Administrative de l’hospice demande l’autorisation de faire des travaux de construction et d’appropriation à la métairie du Carantage au Petit-Auverné et d’employer à la dépense la somme de 1000 francs, montant de la subvention accordée par le Préfet pour 1860. Elle demande notamment de faire abattre des arbres sur cette métairie jusqu’à concurrence des besoins  »

Le 20 février 1862, «  la commission administrative de l’hospice avait décidé d’affecter 1400 frs à la construction d’une maison d’exploitation pour la propriété de la Carantage au Petit-Auverné. Mais elle a besoin de cette somme pour faire face aux achats de produits alimentaires pour l’hospice. Elle demande l’autorisation du Préfet pour que M. Guibourg (juge de paix à Châteaubriant) puisse « édifier à ses frais la maison de la Carantage et payer directement les ouvriers sans être tenu de verser les fonds nécessaires à la caisse du receveur ». En l’absence de réponse, une nouvelle demande sera faite le 19 mars 1862 et l’accord du Préfet sera donné le 21 mars. »

On apprend aussi peu après, en mars 1864, que le bail est renouvelé avec un nouveau preneur, M. Rétif, jugé plus apte : le maire avait transmis au Sous-Préfet une demande de la commission administrative de l’hospice, souhaitant traiter à l’amiable pour l’affermage de la métairie de la Carantage au Petit-Auverné. Le Sous-Préfet appuie la demande en disant : «  Les intérêts de l’hospice avaient souffert de la mauvaise exploitation des mains des anciens fermiers et ne peuvent que gagner par la continuation du bail du sieur Rétif qui paiera d’ailleurs 150 frs en sus du prix actuel ». Le Préfet autorise donc la commission à renouveler le bail pour 1150 frs annuels, avec le sieur Rétif qui est considéré « comme un cultivateur intelligent et travailleur ».

Les foires et marchés de l’arrondissement de Châteaubriant au début du XXème siècle (publié le 15 novembre 2011)

Châteaubriant, place de la Motte, un jour de marché

Ces informations qui raviveront des souvenirs chez les plus anciens des internautes, sont la reproduction intégrale de quelques pages de l’almanach paroissial du Petit-Auverné de 1909.

On voit combien les foires et marchés de l’époque étaient un des éléments importants constitutifs de ce qui est appelé aujourd’hui le lien social. Pour le seul canton de St Julien de Vouvantes, l’année était ponctuée par 8 foires ou marchés, dont 7 au premier semestre et 4 à St Julien de Vouvantes, le chef-lieu de canton.

Par ailleurs, curieusement, dans la liste, les communes de Grand-Auverné et Petit-Auverné sont classées d’après la lettre A d’Auverné et non d’après leur première lettre, G et P, alors que la commune de Petit-Mars est classée à P.

Légende : « b » veut dire « bonne » et « tb » « très bonne »

  • Abbaretz : 20 juillet tb ; 23 septembre. Marchés le 1er samedi de chaque mois, tb.
  • Grand-Auverné : 15 avril, tb ; 15 mai b ; 15 juillet tb.
  • Petit-Auverné : La veille du 3ème mardi de février ; 11 juin.
  • Châteaubriant : Le mercredi après la Trinité ; 13 et 14 septembre ; 1er mercredi après la Toussaint, tb. Marché le mercredi tb.
  • Derval : 2ème mardi de chaque mois, d’octobre à avril (inclus) ; vendredi après la Mi-Carême, b.
  • Erbray : 2ème lundi de carême.
  • Héric : 3ème jeudi de chaque mois ; 8 mars ; dernier jeudi d’avril ; 8 juillet ; 25 septembre, b ; 20 novembre.
  • Issé : Dernier samedi de janvier ; 8 septembre b ; 3ème samedi de décembre, b.
  • Jans : 3ème jeudi de janvier ; mardi de la Quasimodo.
  • Juigné les Moutiers : Lundi de Pâques.
  • Louisfert : Lundi de Pâques.
  • Lusanger : 2ème jeudi de février et décembre.
  • Meilleraye (La) : 25 mars ; lundi après le 10 octobre ; 10 juillet.
  • Moisdon-la-Rivière : Dernier lundi de février, b ; mardi de Pâques, tb ; 1er juin, b. Marché le dernier lundi de chaque mois.
  • Mouais : Samedi après la Quasimodo.
  • Nort : Foires importantes. Grand commerce de porcs, 1er vendredi de mars, b, boeufs et chevaux ; 23 avril (Saint-Georges), tb, boeufs, moutons, porcs ; 25 juin (Saint-Jean), b ; 6 août (Saint-Sauveur), b ; 29 août (Saint-Jean d’août), b, moutons surtout. D’une façon ordinaire, le moment le plus propice pour la vente des moutons est le temps qui suit le battage des grains. 8 septembre, b, boeufs et moutons ; 11 novembre, tb (Saint-Martin), tous les animaux, même les chevaux, la meilleure foire après celle du 23 avril ; le 1er et 3ème vendredi de chaque mois, marché de bestiaux, bon en tout temps, très fort en hiver (véritables foires). Tous les vendredis, bons marchés de denrées. Courses, le lundi de la Pentecôte. Tous les jours de foire à Nantes, un train spécial fait le service, matin et soir, entre Nantes et Nort.
  • Noyal : 1er lundi d’octobre.
  • Nozay : 1er lundi (dite des Rois), chevaux, et 3ème lundi de janvier ; 1er lundi (dite de Chandeleur), chevaux, et 3ème lundi de février ; 1er lundi (chevaux, foire du lundi gras), et 3ème lundi de mars ; 1er lundi d’avril, mai, juin, juillet, août ; lundi et mardi après le 8 septembre, foire dite de Beaulieu : si le 8 tombe un lundi, la foire a lieu les 8 et 9 septembre ; 1er lundi d’octobre ; 1er lundi de novembre et 25 novembre, (dite de la Sainte Catherine), chevaux ; 1er lundi de décembre et 3ème lundi, dite de Noël.
  • Petit-Mars : 24 février ; 10 août ; 9 septembre ; dernier samedi de décembre.
  • Puceul : 10 mars et 31 décembre (au bourg).
  • La Chevallerais : 2ème jeudi de février et de décembre.
  • Rougé : Le lundi après la Saint-Pierre.
  • Ruffigné : Samedi qui suit les Rogations.
  • Saffré : 2ème samedi de janvier, de février, d’avril et de décembre ; 3ème samedi de Mars ; lundi qui suit le 29 juin ; marché le mercredi.
  • Saint-Aubin-des-Châteaux : 1er mardi de septembre.
  • Saint-Julien-de-Vouvantes : 24 février ; mardi après la Mi-Carême ; 19 avril ; 28 août b.
  • Saint-Mars-du-Désert : 2ème lundi de février ; 10 avril.
  • Saint-Vincent-des-Landes : Mardi-Gras ; 22 juillet.
  • Sion : 1er mardi de janvier, février, décembre, b ; mardi après la mi-carême, b ; mardi des Rogations, b ; 27 septembre, tb.
  • Soudan : Veille du 1er mercredi de février ; lundi de la Pentecôte.
  • Soulvache : Lundi de Pâques ; 1er mardi de juin.
  • Les Touches : (Foires insignifiantes ; les marchands vont plutôt acheter le bétail ces jours-là dans les étables) ; le 4ème samedi de janvier ; 13 mars ; 1er mercredi d’avril ; 1er mai (ancienne foire et pèlerinage à St Jacques).
  • Treffieux : 2ème samedi de mars et décembre, assez b.
  • Vay : Jeudi, après le 25 mai ; le 1er septembre ; 3ème lundi de janvier.
  • Saint-Victor de la Grigonnais : Mardi de Pâques.

Références : livres, revues, sites internet, associations....(publié le 24 octobre 2011)

La période révolutionnaire

  • « Le roman de Sophie Trébuchet » de Geneviève DORMANN, paru chez Albin Michel (1982) puis au Livre de Poche.
  • « Combats d’un Chouan, Terrien Cœur de lion » de Tanneguy LEHIDEUX, paru chez Gestes éditions (2009).
  • « Le pays de Châteaubriant et la Révolution » d’Alain Racineux (1980).
  • « Les Brigands du Roi 1793-1795, Chouannerie en Haute-Bretagne et Bas-Anjou » d’Alain RACINEUX (1985).
  • « La Révolution au pays de Châteaubriant » d’Alfred GERNOUX (1936).

Références générales

  • Le site Châteaubriant.org est consacré pour une large partie à l’histoire de Châteaubriant, mais aussi de la région de Châteaubriant, à savoir par exemple, une histoire de la commune du Grand-Auverné.
  • "Les maires du Consulat à 1914 dans la région de Châteaubriant" de Jean-Luc CHATELLIER, mémoire de maîtrise d’Histoire, Faculté des Lettres de Nantes (1975).
Article publié le 8 juin 2011 - Modifié le 24 juillet 2012

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L'appel de Maurice CHEVEAU
L’appel de Maurice CHEVEAU - ( Format pdf de 1.3 Méga octets )
Maurice CHEVEAU lance un appel aux amateurs de l’histoire et du patrimoine locaux pour participer à la mise en valeur des richesses de la commune.